Syndicat
« Notre priorité : la
mobilisation dans le privé »
AUJOURD'HUI
et demain, le petit syndicat « qui monte, qui
monte » tient son troisième congrès à
Bobigny (Seine-Saint-Denis). Près de 400 délégués
de l'Union syndicale G 10 solidaires - qui
doit se rebaptiser à cette occasion Union
syndicale solidaires - sont attendus. Son
objet : la défense d'un « syndicalisme de
lutte et de contre-pouvoir », dans une
logique antilibérale.
Il regroupe 39 (contre 10 à l'origine) petits
syndicats autonomes ou fédérations, dont SUD
ou le Snui (Syndicat national unifié des impôts).
Nombre d'adhérents revendiqués : 80 000. Les
services publics constituent ses bastions
traditionnels : aux Impôts et à la Banque de
France (Syndicat national autonome de la
Banque de France) où ces organisations
arrivent en tête tandis qu'à France Télécom
(28 % des voix lors des dernières élections),
à la Poste (21 %), ou à la SNCF (15 %), SUD
occupe la deuxième place. Après le rejet, début
novembre, par le Conseil d'Etat de sa demande
de reconnaissance de représentativité dans
la fonction publique d'Etat, le Groupe des dix
entend renouveler sa demande auprès du
gouvernement. Une campagne de sensibilisation
est prévue en 2005 sur cette question, auprès
des hommes politiques et des autres syndicats.
Annick Coupé, son porte-parole, nous dévoile
son programme d'action. Depuis trois ans, date
de votre dernier congrès, combien de
militants avez-vous gagnés ? Annick Coupé.
On est passés de 75 000 à 80 000 adhérents,
soit près de 7 % de plus. C'est une bonne
progression dans le contexte actuel de morosité
syndicale. Et ce, malgré le départ de deux
organisations, aux caisses d'épargne et dans
les chambres de commerce, représentant 7 500
adhérents. Les nouvelles recrues sont
majoritairement des déçus des autres
syndicats, de la CFDT principalement et dans
une moindre mesure de la CGT. Des non-syndiqués
nous ont également rejoints. Quelle va être
votre ligne d'action prioritaire ? La
mobilisation dans le privé, secteur où nous
voulons accélérer notre implantation. La
recrudescence des restructurations, mais aussi
les attaques contre les droits des salariés
incitent ces derniers à mieux s'organiser.
Nous sommes déjà la première organisation
syndicale chez Kodak, la seconde chez
Michelin. Récemment, nous venons de nous
implanter chez Lilly, une entreprise
pharmaceutique américaine basée en Normandie
où il n'y avait plus d'organisation
syndicale. Vous dites vouloir privilégier
l'unité d'action. Quelles sont vos relations
avec les autres syndicats ? Elles sont assez
difficiles. Au plan national, c'est un barrage
complet des confédérations. Nous ne sommes
jamais intégrés dans les rencontres
intersyndicales. La CGT, notamment, fait un
blocage systématique. Au plan local,
toutefois, les esprits évoluent. Sur le
terrain, les portes des syndicats
traditionnels s'ouvrent plus facilement pour
nous faire participer à leurs actions de
mobilisation.
Propos
recueillis par Catherine Gasté-Peclers
Le
Parisien, mardi 07 décembre 2004