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 Article sur  Le Parisien, mardi 07 décembre 2004

Syndicat

« Notre priorité : la mobilisation dans le privé »

AUJOURD'HUI et demain, le petit syndicat « qui monte, qui monte » tient son troisième congrès à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Près de 400 délégués de l'Union syndicale G 10 solidaires - qui doit se rebaptiser à cette occasion Union syndicale solidaires - sont attendus. Son objet : la défense d'un « syndicalisme de lutte et de contre-pouvoir », dans une logique antilibérale.

Il regroupe 39 (contre 10 à l'origine) petits syndicats autonomes ou fédérations, dont SUD ou le Snui (Syndicat national unifié des impôts). Nombre d'adhérents revendiqués : 80 000. Les services publics constituent ses bastions traditionnels : aux Impôts et à la Banque de France (Syndicat national autonome de la Banque de France) où ces organisations arrivent en tête tandis qu'à France Télécom (28 % des voix lors des dernières élections), à la Poste (21 %), ou à la SNCF (15 %), SUD occupe la deuxième place. Après le rejet, début novembre, par le Conseil d'Etat de sa demande de reconnaissance de représentativité dans la fonction publique d'Etat, le Groupe des dix entend renouveler sa demande auprès du gouvernement. Une campagne de sensibilisation est prévue en 2005 sur cette question, auprès des hommes politiques et des autres syndicats. Annick Coupé, son porte-parole, nous dévoile son programme d'action. Depuis trois ans, date de votre dernier congrès, combien de militants avez-vous gagnés ? Annick Coupé. On est passés de 75 000 à 80 000 adhérents, soit près de 7 % de plus. C'est une bonne progression dans le contexte actuel de morosité syndicale. Et ce, malgré le départ de deux organisations, aux caisses d'épargne et dans les chambres de commerce, représentant 7 500 adhérents. Les nouvelles recrues sont majoritairement des déçus des autres syndicats, de la CFDT principalement et dans une moindre mesure de la CGT. Des non-syndiqués nous ont également rejoints. Quelle va être votre ligne d'action prioritaire ? La mobilisation dans le privé, secteur où nous voulons accélérer notre implantation. La recrudescence des restructurations, mais aussi les attaques contre les droits des salariés incitent ces derniers à mieux s'organiser. Nous sommes déjà la première organisation syndicale chez Kodak, la seconde chez Michelin. Récemment, nous venons de nous implanter chez Lilly, une entreprise pharmaceutique américaine basée en Normandie où il n'y avait plus d'organisation syndicale. Vous dites vouloir privilégier l'unité d'action. Quelles sont vos relations avec les autres syndicats ? Elles sont assez difficiles. Au plan national, c'est un barrage complet des confédérations. Nous ne sommes jamais intégrés dans les rencontres intersyndicales. La CGT, notamment, fait un blocage systématique. Au plan local, toutefois, les esprits évoluent. Sur le terrain, les portes des syndicats traditionnels s'ouvrent plus facilement pour nous faire participer à leurs actions de mobilisation.

Propos recueillis par Catherine Gasté-Peclers

Le Parisien, mardi 07 décembre 2004
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